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« J'y ai appris la dure réalité de l'existence ! Et puisé l'envie de faire un travail où, enfin, je gagnerais bien ma vie ». Alors pour décrocher le travail de ses rêves, Salem Bessad, 40 ans, s'accroche aux études : BTS électronique, puis BTS force de vente. Des diplômes qu'il finance en travaillant : ouvrier, cuisinier, démarcheur à domicile pour des sociétés de câble… Las, malgré ses efforts, son salaire plafonne à un niveau modeste qu'il juge décevant. « J'ai eu l'impression que le corps professoral m'avait menti ! ». Après quelques années dans diverses entreprises, il décide donc de créer sa propre entreprise. Tête baissée ! « Je n'ai pas attendu qu'on m'octroie des aides, cela prenait trop de temps, et je ne voulais dépendre de personne ! » Sa PME, baptisée Technomobile, est, bien entendu, basée en banlieue, à Aulnay sous Bois (93). Sa mission : équiper les entreprises en informatique et outils de communication nomades (PDA, ordinateurs portables, etc.) en adaptant les produits à leurs besoins spécifiques : « par exemple, j'ai imaginé une coque en kevlar pour protéger les connecteurs d'un PDA ». Très vite, les affaires décollent et le chiffre d'affaires s'envole. Las : en décembre 2006, ses locaux sont cambriolés et tous les stocks disparaissent. Il faudra trois ans à Salem pour redresser les comptes !
Toujours avide de nouvelles technologies, Salem profite de cette restructuration forcée pour diversifier son offre et mieux répartir les risques : il propose désormais à ses clients des solutions d'affichage publicitaire dynamique, permettant par exemple aux passants de télécharger les offres qui les intéressent.
Lauréat 2007 du concours « Talents des Cités », le jeune quadragénaire ne se contente pas de gérer son entreprise, qui emploie 6 personnes et dégage environ un million d'euros de chiffre d'affaires : il est désormais administrateur d'Entreprendre 93, -une association qui regroupe des chefs d'entreprises qui aident les jeunes créateurs- et sert d'accompagnateur à de jeunes entrepreneurs ! Mais il reste toujours viscéralement attaché à sa banlieue : « j'explique à mes clients qu'être ici me donne la « niaque », que ces quartiers sont ma source d'innovation. Ce message, je le transmets par mes vêtements : je m'habille en costume, mais je garde toujours les baskets, pour qu'on me remarque ! »
Catherine Bernard– Lesinfluences.fr
REPERES
www.technomobile.fr
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- Vers un capitalisme de banlieue ? (1/3)
- Nabéla Aissaoui, ou démocratiser l'accès au droit d’entreprendre (2/3)