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Lundi 13 Octobre 2014

A la recherche de Steve Jobs français

En créant le statut d’étudiant-entrepreneur, le gouvernement veut faire bouger les méthodes pédagogiques des universités tout en faisant baisser le chômage des jeunes.

A la recherche de Steve Jobs français

Dorénavant, les étudiants peuvent faire plus qu’étudier. Avec le nouveau statut d’étudiant-entrepreneur, tous ceux qui rêvent de créer leur startup ou autre entreprise peuvent concilier formation et création. Une aubaine pour les 25% des 18-24 ans qui affirment avoir le désir d’entreprendre sans toujours y arriver.

Annoncé par François Hollande il y a quelques mois lors des Assises de l’entrepreneuriat, l’étudiant-entrepreneur fait sa première rentrée. Objectif, faciliter le passage de l’idée au projet des jeunes sans pour autant attendre l’obtention de leur diplôme. Et, pourquoi pas, susciter des vocations. L’université et le gouvernement ont la ferme intention de diffuser l’esprit d’entreprendre à l’image des Etats-Unis. C’est en effet dans leur université que Steve Jobs son créé son premier ordinateur, que Larry Page a conçu Google ou que Mark Zuckerberg a inventé Facebook.

Tout en étant un axe pour lutter contre le chômage des jeunes (plus de 22% sont sans emploi), Geneviève Fioraso secrétaire d’Etat à l’enseignement supérieur et à la recherche s’en prend avec ce programme « au déficit de culture entrepreunariale en France, notamment dû aux méthodes pédagogiques qui privilégient les performances individuelles au détriment du collectif et de la recherche ». Pour ce, le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche a lancé fin 2013,en partenariat avec la Caisse des dépôts (CDC) et le ministère du Redressement productif (MRP),un appel àprojets PEPITE, Pôle Etudiant pour l'Innovation, le Transfert et l'Entrepreneuriat. Ce sont ces 29 PEPITE répartis dans toute la France qui vont encadrer les étudiants dont les projets ont été sélectionnés et les mettre en confiance. Grâce à cette petite révolution, le gouvernement mise sur 20 000 jeunes créateurs d’entreprise en 2017. Un objectif très raisonnable au regard des 2,5 millions d’étudiants.

Ce statut s’adresse aux étudiants ou aux jeunes diplômés depuis moins de trois ans. Après avoir examiné leurs besoins, deux tuteurs (un pédagogique et un chef d’entreprise) les familiarise avec les différentes étapes de la création avant de les orienter vers un incubateur, les chambres de commerces et les banquiers. De son côté, le jeune qui a signé une charte d’engagement, bénéficiera d’un aménagement de son cursus. Il peut choisir les horaires de ses travaux dirigés, être exempté de certains cours, consacrer son stage à la création de sa structure et subit un contrôle final et non continu. Et, quelle que soit sa matière, il obtiendra un diplôme validant son activité entrepreneuriale. Cerise sur le gâteau, il a accès à un espace de travail de coworking avec tout le matériel nécessaire à sa disposition. Un vrai plus par rapport à la petite chambre d’étudiants à laquelle sont souvent cantonnés les jeunes qui veulent aller de l’avant.  

Vus les chiffres de l’APCE (Agence pour la création d’entreprise), ce nouveau statut a tout pour séduire les étudiants. 30% des 538 185 entreprises créés en 2013 l’ont été par des moins de 30 ans. Et, selon l’Adie, association qui aide les exclus du marché du travail, trois ans après la création de leur entreprise, 84% des jeunes aidés, souvent les plus éloignés du marché et pour tiers sans diplômes, sont insérés professionnellement. A suivre.

Florence Raillard

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