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Jeudi 18 Septembre 2014

Les MOOCs séduisent l’entreprise

Apanage de l’enseignement supérieur, ces cours ouverts à tout le monde, gagnent le monde du travail.

Les MOOCs séduisent l’entreprise

 
Les MOOCs font fureur. Vous faîtes partie des 52% de salariés qui ignorent encore de quoi il s’agit (et des 80% DRH) selon le dernier baromètre Cegos sur la formation professionnelle ? Le MOOC (Massive Open Online Course) est un cours ouvert, gratuit, accessible via Internet à un nombre illimité de personnes qui ouvrent à tous l’accès à la connaissance.
 
Le premier, lancé en 2011 par l’université de Stanford, se consacrait à l‘intelligence artificielle. Le succès a été tel que les autres universités ont suivi. Selon Open Education Europa, en août dernier, 3 246 MOOCs étaient proposés dans le monde dont près d’un quart en Europe. Soit une augmentation de 44% en six mois. Ils font les beaux jours des étudiants qui, où qu’ils soient dans le monde, peuvent suivre les prestigieux cours d’Harvard ou se former à « Comment changer le monde » (Si, si, ce MOOC existe). Une façon « d’industrialiser l’individualisation » comme le dit Emmanuel Davidenkoff*.
 
Ils sont regroupés en France sous la plateforme Fun (France université numérique) par le ministère de l‘Enseignement et de la Recherche et quatre mois après la mise en ligne des premiers cours, il y avait déjà 250 000 inscrits. Un engouement qui pourrait profiter aux universités qui ne représentent, pour l’instant, que 4% de l’offre en formation continue proposée par l’enseignement supérieur et créer une passerelle avec les entreprises. Mais les universités peinent pour l’instant à s’adapter, à maîtriser ce nouvel outil et à trouver un modèle économique viable. Pourtant, avec leur ouverture à tous, les MOOCs se situent bien dans le concept de « formation tout au long de la vie » prôné à travers la réforme de la formation professionnelle. Et si le lien avec les entreprises se resserrait, l’enseignement supérieur pourrait les faire bénéficier de leur expertise en ce domaine. En informatique, par exemple, très peu de formations pointues sont ouvertes en e-learning alors que c’est l’un des besoins les plus largement répandus.
 
Très en demandes, les grandes entreprises n’hésitent pas d’ailleurs à lancer des appels d’offres au niveau mondial pour concevoir leurs programmes de formation continue. C’est le cas d’EDF qui, dans le cadre de son université du management, forme 12 000 salariés. Un MOOC pourrait parfaitement s’adapter à ce besoin massif et ciblé.
 
Eric Chardoillet, président de la société First Finance assure détenir les trois quarts des budgets de formations métiers des grandes banques françaises. Pour ce, il a lancé, fin 2013, un MOOC d’analyse financière conçu avec un professeur d’HEC qui a réuni 10 000 participants. Il a depuis développé First Finance Mooc, un portail regroupant l’ensemble des cours proposé par la société. Après avoir commencé avec des intervenants du monde des affaires, il a lancé un MOOC sur le social media avec Rue 89 et Global Editions Network : « Informer et communiquer sur les réseaux sociaux » et le 6 octobre s’ouvrira un cours sur le « Datajournalisme ». Orange s’y est mis avec Solerni, sa plateforme de création et d’hébergement de MOOCs, et a lancé trois cours : « Le digital, vivons-le ensemble », « Décoder le code » et « Devenir Web conseiller(ère) ». Pôle emploi s’est d’ailleurs associé à cette initiative en informant les demandeurs d’emploi sur cette opération via son site web pole-emploi.fr et son réseau d’agences. De son côté BNP Paribas consacre un MOOC sur l'espace unique de paiement en euros SEPA.
 
Cette réponse innovante et moins coûteuse aux besoins de formation explique cet engouement. Par rapport à un cours présentiel classique, les prix seraient de 8 à 10 fois moindres, même si la création d’un MOOC coûte aux alentours de 30 000€. Ces investissements, difficiles à rentabiliser dans l’enseignement supérieur, et représentant donc un frein pour la démocratisation de la formation initiale, peuvent en revanche être intéressants pour les entreprises dont la facture moyenne pour la formation d’un salarié est de 1 500€.
                                  
Florence Raillard
 
* Le tsunami numérique, éditions Stock, 18 €

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