Le commerce alimentaire spécialisé deviendrait-il de nouveau intéressant pour l’emploi ? L’INSEE n’est pas loin de le penser. Selon une étude, « Le commerce alimentaire spécialisé : déclin enrayé ? », rédigée par Claire de Kermadec, le secteur déclinant prendrait quelques couleurs. « Le secteur de l’alimentaire spécialisé occupe une place encore importante dans l’économie : en 2007, il compte 95 000 sociétés et entrepreneurs individuels pour 106 000 magasins employant 304 000 personnes, rappelle l’INSEE. Ce qui représente les trois quarts des établissements du commerce de détail alimentaire en magasin (y compris l’artisanat commercial) et un tiers des effectifs. Le secteur est composé de petites structures : plus de neuf magasins sur dix ont au plus 5 salariés. »
Les légumes ont la banane
Or jusqu’au début des années 2000, le recul a été fort et rude pour l’emploi. Face aux grandes surfaces, ce type de commerces de bouche a perdu de significatives parts de marché entre 1993 et 2000 : 7,6% pour la viande, 6,1 points pour le pain, 3,6 pour les produits de la mer et 2,8 pour les fruits et légumes.
Certes la boucherie-charcuterie et la poissonnerie résistent mal à la concurrence des plats préparés, mais avec une pression moins infernale que dans la décennie 1990 notent les statisticiens du commerce. La boulangerie et la crèmerie se sont stabilisées avec respectivement une baisse de 0,6 point et 0,3 point.
Vent en poupe en revanche pour les fruits et légumes, ainsi que les cavistes et autres commerces alimentaires spécialisés : on constate une augmentation de près de 2% entre 1993 et 2007. Mieux pour l’emploi, les commerces de primeurs « font travailler en moyenne 2,9 personnes en 2007 contre 2,3 en 1993 » et les magasins spécialisés, 3,2%. Autre spécificité de ce secteur selon l’INSEE, le commerce alimentaire spécialisé se développe plus dans les banlieues que dans les villes-centres, et plus particulièrement dans les régions du Sud-ouest et du bassin méditerranéen. Comme si on mangeait mieux sous le soleil.
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Source : « Le commerce alimentaire spécialisé : déclin enrayé ? », INSEE Première N°1359 (juin 2011).