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Les Etats-Unis dont on révise les chiffres de croissance à la baisse, le Brésil étouffé par sa monnaie forte qui voit ses perspectives s’assombrir, l’Europe menacée de récession pour ne pas savoir trouver le chemin de sortie de la crise de ses dettes, la Chine hier si flambante, qui est touchée par l’affaiblissement occidental tandis que ses problèmes internes resurgissent : l’économie mondiale ne semble donner aucun signe de réjouissance. Nord, sud, est, ouest, la planète est dans le noir et l’année 2012 s’annonce mauvaise.
Comment expliquer alors que, depuis deux semaines, les marchés financiers soient à la hausse. Où sont les rayons de soleil qui les font espérer que le pessimisme n’est plus porteur et qu’au contraire l’heure est venue d’y croire ?
C’est d’Europe que partent les rayons. La crise des dettes grecque, italienne, portugaise, est au cœur des inquiétudes mondiales. Le bout du tunnel est-il en vue ? Les marchés ont d’abord été impressionnés par l’accord conclu par les banques centrales des grands pays de la planète, américaine, européenne, japonaise, pour livrer aux banques européennes autant de dollars qu’elles en demandent. Elles ne trouvaient plus de billets verts, à cause de la défiance réciproque sur les marchés financiers. L’accord va leur ouvrir très le guichet de la banque centrale européenne, elle-même alimentée par les autres.
Message passé
Cette décision, importante en elle-même pour mettre de quoi vivre dans les canaux financiers, est décisive aux yeux des traders : elle prouve que les autorités monétaires ont pris le taureau par les cornes. Elle prouve que le message de la gravité de la crise est passé : les dirigeants des banques centrales tentent de répondre enfin par des mesures à la hauteur.
En sera-t-il de même des dirigeants politiques ? Là encore les marchés veulent y croire. Les sommets européens ne peuvent pas répondre à toutes les inquiétudes en un week-end. Il y aura encore des insuffisances, des batailles, des pays hésitants. Le travail est encore long avant d’espérer parvenir à rétablir la situation des dettes européennes. Les marchés financiers donneront encore des signes d’impatience. Mais, au fond, les dirigeants politiques européens ont cette fois-ci compris les doutes précédents qui accueillaient leurs plans de sauvetage. « Trop peu, trop tard » : la formule était bonne. Est-ce vraiment derrière nous ? Passerons-nous un Noël tranquille ? Ce n’est pas impossible.
Réponse rassurante
L’autre bonne nouvelle vient d’Amérique. La reprise, engagée en 2009, a été puissante en 2010 ((plus de 3%) mais s’est ralentie avant l’été 2011 pour piquer ensuite du nez. Jusqu’où ? Jusqu’à un retour dans la récession ? La réponse était très incertaine ces derniers mois, elle semble aujourd’hui rassurante. Les nouvelles de l’emploi et de l’immobilier sont, sinon positives, du moins acceptables : la chute est enrayée. Les solides ventes de voitures sont un autre indice favorable : elles montrent que la consommation des ménages ne résiste pas si mal. Au total, la croissance américaine qui aura reculé en 2011, semble être capable de repartir un peu en 2012 vers les 2,5%. Ce n’est pas gagné encore, ce n’est pas glorieux mais la première économie du monde se stabilise.
Il était temps. L’économie brésilienne est retombée autour de 3%, cette année. La Chine va descendre à 8,5%, performance encore enviée mais qui commence à provoquer des fermetures d’usines exportatrices et des revendications de travailleurs. Des manifestations ont eut lieu, marginales, mais surveillées avec angoisse par Pékin.
Amérique et Europe viennent-elles de poser des bonnes nouvelles au pied du sapin de Noël mondial ? Elles sont toutes relatives. Les économies vont toujours mal. Mais au moins elles n’empirent plus.
Eric Le Boucher – Slate.fr