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jeudi 23 février 2012, 00:04
 
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Jeudi 05 Janvier 2012

Mode d’emplois : description d’une tempête mondiale.

La troisième livraison d’Emploiscopie (Tallandier) frappe par son ampleur planétaire. L’année 2011 aura été une année record en matière de chômage dans le monde entier : quelques 220 millions de personnes sont repérées, sans doute beaucoup plus.

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Ce document, qui en est à sa troisième édition, est aussi le fruit cette année de la conférence des services publics de l’emploi organisée à Paris au printemps dernier (voir articles et vidéos sur ce site). Cette rencontre internationale aura fonctionné comme une grosse boîte à idées des possibles en matière de recherche d’emploi, et selon les diverses mentalités et politiques des pays invités (lire La Chronique d’Eric Le Boucher de Slate).
 
La formation n’est pas toujours efficace, selon le Danemark
 
Un plein emploi est-il encore possible  dans un pays comme la France ? Le préfacier d’Emploiscopie, l’ancien Président de Pôle Emploi, Christian Charpy, estime que l’on se dirige vers un travail d’équilibriste : « Chacun en est conscient aujourd’hui : il sera difficile pour les gouvernements de trouver le bon équilibre entre la rigueur budgétaire pour assainir les finances publiques et restaurer la confiance – celle des marchés mais aussi celle des citoyens – et la volonté de ne pas asphyxier la croissance et de repartir dans une nouvelle récession brutale, synonyme de remontée rapide du chômage. Faut-il le rappeler, la grande dépression des années 30 a démarré par le choc de 1929, mais a rebondi en 1932-1933, trois années après le jeudi noir ! ».

Il semble que le chômage se soit installé durablement, et Emploiscopie constitue à cet égard une borne précieuse pour comprendre les mécanismes à l’œuvre, et les actions publiques pour tenter de l’endiguer. Mais qu’en est-il de notre pays ? Existerait-il un chômage made in France en quelque sorte ? Il est vrai que le Graal de moins de 7 % de chômeurs n’a plus jamais été atteint depuis le siècle dernier, à partir de la seconde moitié des années 1980. Sur trente ans, le nombre d’emplois a fortement augmenté notamment dans le secteur tertiaire, mais pas à la vitesse de la population active. Le salariat (91 %) reste la forme dominante. La France des embauches se manifeste par son goût du diplôme qui suppose les aptitudes : le taux de chômage est quasiment trois fois plus élevé chez les non diplômés. Les plus vulnérables sont les ouvriers (13 %) et les ouvriers non qualifiés (21 %). De même la tranche des 15-29 ans sans qualification est particulièrement fragilisée.

La formation (ou plutôt la reformation) en période de chômage jouera-t-elle en France un rôle clé dans les mois à venir ? La recette ne fait plus toujours l’unanimité, rappelle Emploiscopie. Ainsi le Danemark, considéré comme l’un des foyers les plus actifs  dans la lutte contre le chômage, est en train de freiner. « Nous avons eu tendance à utiliser trop systématiquement cette solution », expliquait Leif  Christian Hansen, chef consultant de l’Arbejdsmarkedsstyrele danoise, « or c’est une politique coûteuse et pas forcément toujours efficace : certaines analyses nous disent que la formation ne produit pas un impact énorme sur la capacité à retrouver un emploi. » Défaitisme en rase campagne ? Non, plutôt un rappel stimulant d’Emploiscopie en cette année cruciale : la lutte conte le chômage est multifactorielle, et nécessite et nécessitera encore une exigence de rigueur intellectuelle et d’inventivité sur le terrain.
 
www.lesinfluences.fr

(1) "Emploiscopie 2011. Travail et emploi. Les tendances dans un monde en crise". Sous la direction de Christian Charpy.  Editions Tallandier, 2012
A lire également : "Etat de la France au travail", Alternatives Economiques/Santé&Travail Poche, en kiosques.
 

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