1,3 million d’actifs français ont utilisé leur CPF en 2023. Ce chiffre, brut, dit tout : la formation professionnelle n’est plus un mirage réservé à quelques privilégiés. Elle s’enracine dans la réalité du CDI. Pourtant, ce droit reste encore trop souvent ignoré, mal compris, ou relégué au second plan.
Se former en CDI : un droit souvent méconnu des salariés
La formation en CDI souffre d’un manque de clarté. Beaucoup imaginent encore qu’elle concerne avant tout les nouveaux venus, ou la réduisent à une formalité imposée par l’employeur. La réalité dit tout autre chose : le code du travail offre à chacun, quelle que soit son ancienneté, la possibilité de se former, d’étoffer ses connaissances, de bâtir un avenir professionnel plus large. Monter en grade, pivoter de métier, s’adapter aux évolutions des secteurs… Il existe des chemins et ils sont accessibles.
Le plan de développement des compétences en est souvent la clef de voûte. Initié par l’entreprise mais pensé pour tous, il permet de lancer des actions de formation professionnelle qui épousent vos envies et vos réalités terrain. L’entretien professionnel, ce rendez-vous périodique, devient dès lors une étape stratégique : on y examine les besoins, on mesure les manques, on élabore un cap personnalisé.
Ce volet formation ne concerne pas qu’un moment précis : à chaque étape de la vie en CDI, du tout début à une possible reconversion, il prend tout son sens. Parfois, l’entreprise en fait la suggestion ; souvent, c’est au salarié de saisir la balle au bond et d’initier la démarche. Dans tous les cas, c’est ce dialogue permanent entre employeur et collaborateur qui pousse chacun à anticiper les transformations, à consolider son parcours et à rester maître de son évolution.
Quels dispositifs pour suivre une formation professionnelle sans quitter son poste ?
Les solutions pour se former tout en gardant le statut du CDI n’ont cessé de se multiplier. Voici les principaux dispositifs à explorer selon les projets :
- Le compte personnel de formation (CPF) s’est imposé comme la base du système. Il ouvre l’accès à une large gamme de formations certifiantes, qu’elles soient suivies en ligne ou en présentiel. Vous pouvez ainsi envisager un bilan de compétences, une validation des acquis de l’expérience (VAE) ou une spécialisation concrète.
- Avec le Projet de transition professionnelle (PTP), le salarié peut s’absenter pour suivre une formation longue, pensée pour la reconversion. Ici, le CDI n’est pas rompu : la suspension du contrat couvre le temps de formation, avec une prise en charge financière par l’organisme compétent.
- La reconversion ou promotion par alternance (Pro-A) offre une formule alternante : temps en entreprise et formation en centre spécialisé. Ce dispositif s’adresse à ceux qui souhaitent changer d’orientation tout en gardant leur poste, ou encore renforcer leur expertise sur le même métier.
Grâce au développement de la formation à distance et à l’assouplissement des financements, salariés et employeurs disposent d’outils pratiques pour construire un projet sur mesure. Pour ne rater aucune opportunité, il est recommandé de prendre contact avec les équipes RH ou un conseiller spécialisé. Ces interlocuteurs vous aiguillent sur vos droits et vous permettent de choisir sereinement.
Comment bâtir un projet de formation adapté à votre situation professionnelle
Avant de foncer, mieux vaut prendre un temps de recul pour cerner ses priorités. Construire un projet professionnel aligné avec ses aspirations et avec ce que demande le marché, c’est se donner les moyens de réussir. Bien souvent, tout commence avec un bilan de compétences : ce dispositif met en lumière ce que vous maîtrisez, révèle des pistes d’évolution et cible les compétences à muscler pour préparer une évolution ou une reconversion. À la clé, un plan d’action lisible pour avancer.
Vient ensuite l’organisation du temps. Beaucoup privilégient aujourd’hui les formations en ligne ou hybrides, combinant présentiel et distanciel. Certaines certifications sont désormais accessibles entièrement à distance, d’autres proposent une alternance astucieuse entre le centre et l’entreprise. L’idée ? Adapter la formation à la vie, pas l’inverse.
Le recours à un conseiller en évolution professionnelle (CEP) peut aussi faire la différence. Ce service, accessible sans frais, écoute vos besoins, affine vos choix et vous aide à repérer les formations les plus pertinentes selon votre secteur. Pour ceux qui souhaitent valoriser leur expérience sans forcément repartir sur les bancs de l’école, la VAE trace une voie directe pour faire reconnaître ses acquis.
Lorsque les grandes lignes du projet sont fixées, structurez votre organisation. Cela passe par l’anticipation sur l’emploi du temps, l’information de l’employeur à chaque étape et la mobilisation des dispositifs adaptés. Là réside la réussite : dans l’articulation intelligente entre ambition, contraintes concrètes et solutions de financement.
Ressources, conseils personnalisés et prochaines étapes pour concrétiser votre démarche
Se lancer dans une formation professionnelle appelle souvent à solliciter des avis extérieurs, ou à frapper à la bonne porte pour ne pas avancer seul. Différentes structures peuvent servir de tremplin : France Travail, les OPCO ou encore des associations spécialisées consacrent de vrais temps aux salariés, en leur proposant des entretiens sur-mesure, des précisions sur le financement ou un accompagnement dans le choix de l’organisme de formation.
Il ne faut pas laisser de côté le conseil régional pour élargir le champ des dispositifs, notamment si l’idée est de changer de voie ou si l’on est en situation de handicap. L’Agefiph accompagne spécifiquement ces parcours pour offrir des mesures d’inclusion et des aides concrètes.
Voici les pistes à privilégier pour avancer sans tâtonner :
- Échanger avec des formateurs ou d’anciens stagiaires permet d’obtenir des informations fiables sur la pédagogie, la durée réelle du programme ou l’adéquation avec un rythme de CDI.
- Activer son réseau professionnel affine la perception des certifications recherchées ou des évolutions à venir dans son métier, que ce soit dans le secteur industriel, la restauration ou les métiers liés à l’environnement.
Dès le lancement du parcours, vérifiez aussi si la formation en alternance ou les certifications reconnues s’inscrivent dans votre branche. Ce dialogue entre projet personnel et priorités de l’entreprise se construit dans la durée, par la discussion, la collecte d’informations et une veille attentive sur les changements dans votre secteur.
La formation en CDI n’est plus l’apanage de quelques profils chanceux, ni une prise de risque à craindre. C’est l’outil pour avancer, choisir et parfois même devancer les mutations du marché. Le vrai mouvement commence à l’instant où l’on fait sauter le verrou de l’autocensure.


